Sunday Post #11 - Juger
- 27 mars 2022
- 6 min de lecture
Dernière mise à jour : 31 mars 2022

Juger : Prendre une décision, émettre un avis, exprimer son opinion personnelle
En guise d’introduction, je ne traiterais pas ici du jugements des « autres », donc des personnes en dehors de moi. Ce sera pour une autre fois (peut-être, je reste ouverte à la surprise)
Je souhaite plutôt aujourd’hui me concentrer sur le jugement personnel, de « je » à « Soi ».
Comment j’applique mon jugement sur mes actions, mes inactions, ce que je rencontre. Qu’est-ce que mon jugement, comment se matérialise-t-il et surtout, qu’est-ce que j’en fait ?
Warning => Ce n’est pas un article de développement personnel avec pour but de vous donner les 10 conseils pour être mieux dans sa vie (juste avant l’été et le summer body, j’exagère à peine).
C’est plutôt un partage très intime du processus interne qui me traverse en permanence, entre « je » (mental) représenté pour moi comme un petit singe jouant des cymbales à un rythme effréné (il joue très mal et très souvent) et mon « Soi » qui est là, en écoute, en présence, latent.
Une très belle illustration de qualité de mon petit signe musicien “:

Petite précision pour la suite : “je” écris ainsi fait référence à mon mental/ego. “Soi” fait référence à ce que je suis libre de cet ego, une entité brute, définie, unique, sauvage. 🦁.
Je est donc toute ma personne, mental/ego/Soi, the all package.
Cette semaine, mon cours de Yoga a été annulé, par manque d’élèves inscrits. De cette situation factuelle, plusieurs éléments ont émergés dont celui du jugement interne.
Donc, dans le désordre (puisque c’est sa qualité première, en plus d’être bruyant), le petit singe à déblatéré plusieurs choses :
Tes cours n’intéressent personne
Pour qui te prends-tu ?
Abandonne, c’était une idée de merde
De toute façon, c’était de la chance qu’il y ait du monde
Ça ne marchera jamais
Ect… Toute une variation de « jugements », je vous la fait courte. Remarquez que rien n’est factuel, tout est dans l’irrationnel, le projeté, l’émotionnel mal placé (allez, j’ose)
Et pourtant, dans ce vacarme, mon “Soi” ne bougeais pas.
Je ne bouge pas, car je suis à l’aise avec la situation. Et c’est devenu mon élément de boussole dans ce concerto dissonant.
J’ouvre l’espace à ce que je figure comme mon antre, âtre, feu intérieur. Je me suis donc demandé est-ce que j’étais à l’aise avec la situation d’annulation de mon cours ?
Et là commence le vrai travail, celui du fond, celui des tripes (oui, moi je le sens vers cet endroit), c’est-à-dire, être en mesure d’identifier ce que la situation implique.
Alors, j’ai ouvert la porte (en étant allongée sur mon canapé – le confort avant tout, j’y reviendrais) et ont émergés les éléments suivants :
Le contenu de tes cours te satis fait-il ? => Oui (cf plus bas dans l’article => quel suspens !)
Serais-tu épanouie avec des élèves et un contenu étranger à toi ? => Non
As-tu mis en œuvre des actions de communication que tu souhaitais ? => Oui
Cette situation a-t-elle un impact dans ton engagement en Yoga ? => Non
Je passe les détails car il y a beaucoup de questionnements, mais on a l’idée générale.
Donc, avec ces réponses, que mon cours soit annulé est donc un fait, et je suis au clair avec cela, je suis à l’aise avec cela donc libre. J’en ai même appris des choses, en ouvrant l’espace, quelle opportunité !
Pour terminer cet exemple, sachez que j’ai enseigné la semaine d’avant avec une bronchite des enfers car il y avait des élèves, et que cette semaine, je pétais littéralement le feu !
Autre situation que j’ai à cœur de partager car elle a mis du temps a émerger et désormais c’est bien plus clair, même si au début ca faisait très peur (c’est souvent le cas en vérité).
Ma légitimité, dans mon travail et dans mon enseignement de Yoga => très vaste sujet et en même temps très simple (comme souvent là encore, de ce que j’expérimente).
Je ne suis pas là pour chercher des approbations, des compliments, des encouragements, des « mais si, tu es super, continue ! » et j’en passe. Je suis entre « je » et mon “Soi” – à la maison corps-esprit de Mathilde.
En ouvrant ce grand débat interne, j’en ai ressorti l’élément suivant : Est-ce que c’est par un diplôme que tu te sentiras légitime ?
Non, dans ma réussite professionnelle (je suis chef de projet finance) – mon diplôme universitaire est extrêmement secondaire, ce pour quoi je suis reconnue dans mon entreprise est diamétralement opposé à mon diplôme et pourtant j’excelle (Excel – mon logiciel préféré) et mon travail me plait.
Non également dans mon enseignement du Yoga – ce n’est pas un diplôme qui définit ma capacité a enseigner et partager avec d’autres êtres humains.
Est-ce qu’un certificat 200h/300h/1000h Yoga Alliance, est ce qui règlera cette question de légitimité ? Suis-je à l’aise avec l’idée de se conformer à cela pour que je me juge viable à enseigner ?
Comme prévu, la réponse est non également, car ici j’ai créé ma propre route intérieure. Finalement, des enseignements oui (et je remercie @yogashalarennes de m’avoir guidé sur le chemin de la formation Assistants en Yoga), mais des enseignements choisis avec beaucoup beaucoup de soin.
Et dans le terme enseignements, j’y met beaucoup de choses :
les cours auxquels je suis élève
les cours que je donne
les conférences que j’écoute depuis l’Inde
les lectures / vidéos / audios
les sessions de formations
la pratique personnelle
les discussions avec des pratiquant( e )s, les enseignants, les élèves (les 3 sont interchangeables)
Donc finalement, ca fait beaucoup d’heures ahaha ! Et donc, pas de diplôme / médaille / bon point à la fin.
Donc ma légitimité, quand elle est questionnée par ce petit singe (soyons sérieux, la question n’est jamais close avec cet énergumène), je peux m’assoir (asana) en mon “Soi” et examiner la route. @merveilleuseétrangeté parlait d’une route de montagne avec une corde pour se repérer.
Alors je m’y attèle à me rejoindre , sur la route, au calme.
Ne pas s’offrir l’opportunité de faire ce travail, se mettre la tête dans le sable en évitant d’y penser / en faisant comme si ça n’existait pas / en espérant que ces questionnements disparaitront est de mon maigre point de vue , une fausse voie, on se raconte des histoires.
Et les histoires, le petit singe, lui, il adore ça, mais il ne tape pas moins fort avec ces cymbales, au contraire, il en est tout revigoré.
De ce que j’apprends, de ce travail introspectif, c’est que des conditions doivent être réunies pour que cela se passe et que cela porte des fruits. J’ai donc mis un cadre à cette pratique intérieure, à ce dialogue :
J’ouvre l’espace aux symphonies du petit singe aux cymbales dans un temps restreint
Je me donne du confort pour assimiler tous les messages de jugement de « je »
Je me donne du temps pour aller à la source de que « Soi » ressent
Je prends ma décision pour être à l’aise
Exemple concret :
Souvent, le contenu de mes cours ne me satisfait pas intégralement car j’ai de hautes attentes envers moi, envers l’enseignement que je souhaite proposer –
C’est comme ca, c’est mon « Soi » qui parle et je suis à l’aise avec cela.
Pendant tout le trajet de retour chez moi, c’est le moment du petit singe exalté, son concert de jugements est retentissant, de haut en bas, très fort. C’est son moment, je ne met pas de musique dans ma voiture, il a toute mon attention. Une fois le moteur éteint, fin du concert, silence.
En arrivant dans mon canapé, je me met dans mon plaid, casque vissé sur les oreilles, Ipad et Twitch lancé (je regarde des gens jouer aux jeux vidéos – oui j’adore). Je mange mon diner littéralement, mais aussi figurativement ce que j’ai moi-même généré avec ce monologue mental. Je suis confortable, dans ma maison, avec mon chien et mon mari, je peux digérer en toute sérénité.
L’analyse viendra plus tard – au cours des pratiques, juste en laissant l’espace ouvert, ca émergera. Je fais confiance, je lâche la rampe, je saute dans le vide, j’entreprends.
Et ma position sur le sujet s’éclaire, non pas quand « je » à décidé, mais quand mon “Soi” est prêt ainsi je suis prête, à l’aise, tranchante et déterminée, la solution émerge d’elle-même puisque tout est posé, disponible, hors jugement.
Je termine ce partage en citant mon cher père : « S’il n’y a pas de solutions, il n’y a pas de problèmes ». Ca a le mérite d’être clair, simple.
Si vous voulez échanger, j’adore causer et le thé, alors à bientôt maintenant,





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