Sunday Post #15 - Gronder
- 1 mai 2022
- 2 min de lecture

Gronder : bruit sourd et grave,plus ou moins menaçant.
Lorsque j'étais enfant,le bruit du tonnerre me terrifiait.
En journée ou de nuit,l'ambiance de l'orage, la tension, l'attente du grondement, cela me glaçait sur place.
En silence, toute seule avec ma peur, très inconfortable.
Étant anxieuse de nature, la peur fait partie de ma vie, de mon quotidien. J'ai peur à en avoir envie de vomir parfois.
Ce n'est pas bloquant,c'est juste présent, par moments. Et je me tends, de mes orteils jusqu'au au sommet du crâne, ça gronde a l'intérieur.
Et autour de ces peurs, j'ai bâti une forteresse,des digues, des douves,des ponts levis.
Pendant fort longtemps, l'orage qui bourdonnait à l'intérieur de moi fut ignoré, car ce qui n'est pas nommé n'existait donc pas.
Et c'était plus facile ainsi, de maintenir la vitrine parfaite, de se mentir,de s'enfuir,se perdre dans le chaos de la vie, des autres.
Et un jour il s'en est suffit, je m'en souviens dans mes os,dans mes tripes, dans mon sang, j'ai senti que ce n'étais plus possible. La forteresse avait bien du mal à contenir toutes ces peurs.
J'étais sur mon tapis de yoga,seule avec moi et j'ai lâché, ouvert les vannes, abaisser les ponts levis, nager au travers des douves, franchi les digues et j'ai regardé l'orage en face.
Cet orage là, c'était celui de mon rapport à mon corps, a quel point je lui imposais ce que je voulais et a quel point il était dans une toute autre dimension.
Car un corps qui vit n'est pas un corps de vitrine, de poupée. Un corps qui respire avec un ventre relâché, des fesses libérées et un regard apaisé.
J'ai lâché ce que je voulais et j'ai embrassé ce qui était. L'orage a amené beaucoup de pluie,de pleurs,de vents et de questions. J'ai continué ma pratique posturale ce jour là, le support est nécessaire, mais tout avait changé a l'intérieur et rien n'avait changé a l'extérieur.
A partir de ce moment, j'ai été fascinée par le phénomène météorologique de l'orage, c'est une renaissance, un trop plein qui s'évacue, un nettoyage naturel. Rien de l'arrête, alors la vitrine si parfaite est explosée. Derrière les voiles,les vitres, les apparences, là se trouve la vérité, pour soi.
L'orage comme puissance infinie, sans limite et sans ennemi.
La puissance dans ma vulnérabilité, ça, je le découvre et c'est une route que je souhaite emprunter. Ce n'est pas le plus conventionnel mais ça fait sens,pour moi.
Au fil des peurs, des orages et des torrents de pluie, le soleil sera toujours là, la pratique du Yoga comme support et comme guide.
Traverser ses orages, petits ou grands, d'une rive à l'autre, a chaque jour son aventure.
"Attraversiamo" - Eat Pray Love (un de mes films préférés)
J'écris ces quelques lignes de retour d'un weekend magique avec des gens que j'aime, qui habitent pas loin d'une ville qui s'appelle Tonnerre, voilà, quand il n'y a plus rien à faire que se laisser porter, là tout se vit.





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