Sunday Post #19 - Attendre
- 12 juin 2022
- 4 min de lecture
Attendre : Se tenir, demeurer, différer d'agir
Ce post, comme tous les autres, est "venu" au fil des jours, semaines, rencontres et silences. En gros, je poste des écrits les dimanches car c'est le bon temps pour moi, mais je ne poste pas tous les dimanches parce que j'attends que ce soit "venu".
J'attends que la formation des idées, des lectures, des réflexions fassent sens, s'agrègent sans volontarisme. C'est prêt quand c'est prêt et du coup, j'écris.
A contrario, je n'attends pas que cela soit parfait, (c'est un concept sociétal qui m'a causé beaucoup de souffrance), car j'ai remarqué que la spontanéité m'animait plus que le pointillage.
Ce ne veut pas dire que je n'aime pas raffiner, juste, au vu de mon fonctionnement personnel, à trop vouloir raffiner, je n'avance plus, je stagne, je bloque.
Cet article, part dans plusieurs sens, et finalement cela me va, parce que souvent un mot rayonne, cela m'évoque une palette de choses et d'idées dont j'ai envie de parler. Alors aujourd'hui pour changer, je décide de ne pas choisir.
Rien ne s'oppose et tout va ensemble, partons sur cette idée.
Une de mes grand mère disait souvent : " Patience et longueur de temps, valent mieux que force ni que rage"
Je l'ai entendu surement de nombreuses fois, jamais intégré jusqu'ici mais je l'ai retenu, en son et en image.
Je la vois encore dans son jardin, calmement en train de semer ses haricots en prononçant ces mots, pendant qu'autour, tout le monde s'affairait et bougeait.
Elle était à ce qu'elle faisait, son énergie à un endroit, choisi et décidé.
Son rapport au temps n'était pas le même que le mien (j'avais moins de 12 ans, donc très peu concerné par ces questions).
Mon grand père au contraire était quelqu'un de très doué et de flamboyant, brûlant la vie par les deux bouts, je m'en souviens de ses mots : "Après l'heure ce n'est plus l'heure, mieux vaut avoir avalé une pendule"
Ces deux personnes étaient mariées - comme quoi les opposés ne sont que ce qu'on décide d'y voir.
J'ai pris de ces deux personnes, comme de mes parents, comme de mes frères et soeurs, comme de mes ami(e)s, de mon mari, de l'univers tout entier en réalité - je demeure avec les évènements passés, présents et ceux non encore existants.
Mon rapport au temps s'est modifié depuis que j'ai entrepris mon chemin en Yoga, pas drastiquement je veux dire, je déteste autant être en retard ou ne pas commencer à l'heure, mais j'ai appris à aimer le temps long.
A tel point que je pense que c'est désormais ce que je préfère. Je me donne le luxe de pouvoir attendre de voir ce qui vient. Il ne s'agit pas de vouloir, de prendre, mais d'être là.
Bien sur, j'ai milles désirs comme tout un chacun, je pourrais brûler pour chacun d'entre eux, je l'eu fais de nombreuses fois, pour des personnes ou des projets. Mais finalement, ca ne m'a pas rendu plus heureuse - au contraire parfois.
Les attentes étaient si grandes que la chute et les déceptions n'en n'ont été que plus cruelles.
Ces expériences m'ont forgées, en ouvrant la porte à ces ressentis, je laisse les expériences devenir enseignements, je leur donne leur chance d'être une nouvelle graine à semer qui peut être fleurira de nouveau ou au contraire se transformera en engrais pour toutes les autres fleurs de ma forêt intérieure.
J'ai trouvé dans le Yoga, plus particulièrement dans l'Ashtanga, un espace d'exultation de ces ressentis avec lesquels je me baladais (inconsciemment bien sur), et le meilleur dans tout cela, c'est que je n'ai rien à faire.
Je sais que cela peut paraitre cliché ou alors déroutant, mais ne pas agir est un cadeau à s'offrir.
Juste, se tenir là, juste pour soi - le corps physique lui est en mouvement, mais il n'y a pas que lui, ce corps physique, il y a tous les autres.
Alors l'attente devient un formidable spectacle, car sans rien faire, je vois ce qu'il se passe autour, de moi, à l'intérieur aussi (surtout), c'est comme prendre un ticket pour une séance de cinéma surprise.
Vous ne vous attendez à rien, alors tout est une merveille.
Se refréner d'agir, quand on est une personne active et ardente comme moi, c'est un contresens, c'est tout ce que le mental déteste - le feu demande toujours plus de feu pour bruler toujours plus fort et toujours plus d'énergie pour durer dans le temps.
Attendre et ne rien faire devient un vrai défi, mais également un vrai repos. Là dans cet espace, je m'accueille et me propose une autre voie. Je mesure mon énergie à hauteur de ce que je suis capable de donner en réalité et surtout ce que je suis capable de me donner.
Prendre comme décision de me choisir en priorité à tout changé, et seule la pratique continue, accompagnée et ininterrompue du Yoga à provoqué cela chez moi.
En me choisissant, en écoutant la petite musique interne, j'ai réduit mes éventuelles attentes que je pouvais avoir vis à vis des relations avec les autres (humains). Je n'attends que ce que je suis capable d'engager personnellement dans la relation , souvent je suis surprise de voir comment cela facilite la vie en générale. En étant au plus simple, c'est d'autant plus beau.
Je me demande aussi parfois, pourquoi mentalement je me limite dans mes actions, par exemple, qui n'a jamais repoussé un plaisir sous prétexte qu'il fallait terminer autre chose d'abord ?
Il m'arrive de me dire : oh, je termine rapidement ceci (souvent un truc très chiant) et ensuite je fais cela (un truc chouette). Finalement, je traine encore plus a terminer le truc chiant donc l'attente n'est pas a mon service. J'essaye depuis peu de faire le truc chiant, m'arrêter pour faire le truc chouette et terminer le truc chiant parce que en fait, il n'est pas si chiant que ça, ce n'est qu'une question de point de vue.
Développer ses différentes prises de vues, demeurer à l'écoute, se tenir et s'y tenir, tout ça se retrouve dans la pratique du Yoga si on le souhaite, le voyage est merveilleux, enjoué, rafraîchissant.
Attendrir l'attente, adoucir l'immobilité, dans la simplicité et la joie, demeurer en soi, définir son temps, laisser s'épanouir ce qui est déjà là, nourrir ce qui ne demande qu'à être.
Voila, je demeure ici pour un instant, si vous voulez vous joindre, ce sera avec joie.
Alors, qu'attendez vous ? Et comment attendez vous ?





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